Ce blog a souvent servi à évoquer mes expériences pédagogiques, qu’elles soient heureuses ou moins satisfaisantes, qu’il s’agisse de partager, avec des élèves orthophonistes, la lecture d’albums que j’apporte dans de gros sacs lourds, ou de monter de toutes pièces une formation entièrement à distance. La pédagogie est centrale dans ma vie professionnelle : je ne me pense pas comme une ‘chercheuse qui enseigne’, mais comme une enseignante du supérieur qui nourrit son enseignement par la recherche qu’elle tente de faire quand il reste du temps. Je réfléchis beaucoup à ma pratique, pas seulement sous l’angle des techniques pédagogiques mais aussi avec un vrai souci politique. Et aujourd’hui, ce qui me perturbe totalement, c’est évidemment le surgissement dans la vie de mes étudiants de l’IA générative. Je ne suis pas la seule, les tribunes abondent à ce sujet. Je les lis, je les compile, je rédige des notes, je m’indigne ici ou là, même dans ma propre université quand j’ai l’impression que par facilité ou maladresse on semble se résigner à un outil “puisqu’il est déjà là”. Mais s’informer et s’indigner est une chose : agir en est une autre. L’année prochaine, j’ai beaucoup moins de cours que d’habitude, car j’ai la chance que mon université m’ait attribué un semestre de congé pour recherches, au printemps, afin de développer mes recherches sur les lectures en néonatologie. Après pas mal de semaines de désarroi, de réflexion, de lectures et de remises en question, j’ai enfin pris ma décision : je vais radicalement décarboner ma pratique pédagogique.
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